Nos Rendez vous de janvier et février 2024

 Les Chemins d’Art en Armagnac commencent l’année 2024 avec trois rendez vous qui devraient nourrir votre curiosité culturelle .
Lundi 15 janvier à 20h30 au cinéma de Condom
Projection du film Anselm de Wim Wenders sorti en salles en octobre 2023

Synopsis

« Une expérience cinématographique unique qui éclaire l’oeuvre d’un artiste et révèle son parcours de vie, ses inspirations, son processus créatif, et sa fascination pour le mythe et l’histoire. Le passé et le present s’entrelacent pour brouiller la frontière entre film et peinture, permettant de s’immerger complétement dans le monde de l’un des plus grands artistes contemporains, Anselm Kiefer. Première »

 
La projection du film sera suivie d’une discussion avec les spectateurs animée par des bénévoles de CAA et Juliette Monange, médiatrice à l’abbaye de Flaran.
Mercredi 31 janvier à 18h dans la salle de conférences du Lycée Bossuet à Condom
Conférence animée par Stefania Meazza , enseignante à l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse sur le thème
« L’art au coeur de la cité »

« Depuis les années 1980, les pratiques des artistes contemporains s’ouvrent davantage au dialogue avec le public et interrogent les mécanismes en oeuvre dans l’espace public et dans la société en général.
La participation du public, convié à des projets participatifs, inaugure une nouvelle manière de faire de l’art et replace l’action des artistes au coeur de la cité.
Nous allons découvrir comment ces artistes ont travaillé, de Joseph Beuys à Stalker, de Robert Milin à Raumlabor à Minerva Cue-vas. » S.Meazza

Voici un résumé de la conférence de Srtefania Meazza :

Préambule indispensable et passionnant, Stefania a évoqué le contexte éco politico sociétal des années d’après guerre en ALLEMAGNE à DUSSELDORF pour expliquer l’émergence de nouvelles conceptions de l’Art, de son enseignement et de sa pratique au sein de la cité. En effet, depuis les années 20, la Kunstakademie (Académie des Beaux Arts) y était très ouverte à la modernité. Dès la fin de la guerre, en lien avec Paris, alors place artistique centrale en Europe , elle accueille des artistes et enseignants de diverses nationalités. La scène artistique foisonnante de la ville allemande s’enrichit alors de jeunes galeries dont la Galerie 22 et celle de A SCHMELA qui ouvre sa porte à la toute jeune création comme le Groupe ZERO qui veut changer radicalement l’Art.

En 1961, Joseph BEUYS, artiste mythique et emblématique voulant « réactiver la créativité de l’être humain, étouffée par un usage permanent de la raison » enseigne à la Kunstakademie et bouscule les codes en acceptant les recalés au concours d’entrée. Il occupe l’école avec les étudiants et ils en seront délogés en 68 alors que partout en Europe s’élèvent des revendications avec manifestations étudiantes .

Invité en 74 par son ami René BLOCK à inaugurer sa nouvelle galerie à NEW YORK en 74, il s’y enferme pour une performance « I like America and America likes me ». Il y vivra pendant 7 jours avec un coyotte pour dénoncer entre autre la perte de contact des humains avec la nature. En évitant tout contact physique avec le sol américain l’artiste militant déclare son opposition à la guerre du Vietnam. Sa participation en 1982 à la Documenta 7 de KASSEL avec plantation de 7000 chênes dans la ville confirme sa volonté de changer la société grâce à l’Art qui doit nous permettre de la remettre en question.

Post modernisme dès la fin des années 60 et chute du mur de BERLIN en 89 : époque pour LYOTARD de celle de « la fin des grands récits » en référence au communisme, à la chrétienté et au progrès scientifique . Le refuge dans l’atomisation des points de vue permet la remise en question des instituts et favorise plutôt les communautés que les sociétés.

En ITALIE, le collectif STALKER, en 1999 (architectes berlinois ) à la suite d’une marche dans Rome évitant toute zone bâtie, dessine une carte modifiée de la ville faisant de la déambulation un processus créatif inspiré par les espaces traversés. Ils installent un lieu d’échange « Campo Boario » sur une place centrale de la ville mais habitée par des communautés marginales, instaurant ainsi un véritable centre culturel avec partage de repas permettant de tisser des liens spontanés en opposition avec la société programmée.

De même avec leur projet « Imaginare Corviale », une barre d’un immeuble neuf de 1km de long et de 9 étages avec 9000 familles à la périphérie de Rome, ils font participer la population avec ateliers de discussion, rencontres et recueils de leurs histoires. leurs réalisations en particulier fabrication d’instruments de musique qui jouent avec la brise marine bloquée par cette grande barre feront l’objet d’une exposition in situ.

En FRANCE, le collectif RAUMLABORBERLIN, composé d’artistes, d’architectes et d’urbanistes berlinois, ouvre un débat provocateur quant à l’avenir de la vie en dehors des grandes villes. En résidence aux Maisons Daura à Saint-Cirq Lapopie, ils travaillent à l’expérimentation d’une ville utopique, projet intitulé « Lotville ». Ils installent la « tour de la pensée » et le dialogue en l’espace rural et la ville à travers jardins, serres « Tomato Crystal Palace », commerces, cinéma et « skywalk » sur un séchoir à mais. Il montre ainsi depuis 1999 des chemins de traverses aux quatre coins du globe, inspirant nombre de praticien.nes en plaçant la collaboration et la politique  au centre de leurs pratiques urbaines.

Stefania évoque ensuite les écrits de YONA FRIEDMAN « L’architecture mobile (1958-2020): Vers une cité conçue par ses habitants eux-mêmes (1958-2020) ». l’artiste n’y a qu’un rôle de catalyseur et d’impulsion. C’est au public de s’emparer de son espace de vie.

Robert Milin, artiste-plasticien, travaille sur l’interaction entre l’homme et son milieu. Invité par le Palais de Tokyo à PARIS lors de son ouverture en 2002 il crée avec des résidents volontaires « Le Jardin aux Habitants ». Il met ainsi en valeur une culture populaire en opposition au caractère lisse de la ville. C’est la même démarche au LUXEMBOURG avec installation d’un véritable potager et son poulailler en pleine ville.

Stefania a gardé pour la fin de son brillant exposé la seule figure féminine : l’artiste majeure Minerva CUEVAS, mexicaine née en 1975 qui détourne magistralement le graphisme des grandes entreprises commerciales pour en dénoncer l’action délétère sur les sociétés. L’exemple de la marque Evian renommée « Egalité », de même pour la loterie nationale « Melate ». Son graphisme se veut militant et activiste tout comme sa société « Mejor vida corp »: une société à but non lucratif qui remet en question le système économique capitaliste en créant, promouvant et distribuant gratuitement des produits et services.

Parmi les questions de l’assemblée , celle sur la place du « Street Art » permet à Stefania de bien    faire la différence avec ces démarches collectives pour la population et l’oeuvre personnelle des artistes de street art.

Les participants et les membres de Chemins d’Art en Armagnac remercient chaleureusement notre conférencière du jour pour ce riche et passionnant exposé qui participe à notre projet de présentation et de réflexion sur l’Art contemporain.  

Le jeudi 29 février à 18h à l’Hôtel Le Continental à Condom
Art’café animé par Louis VIEL , artiste photographe, sur le thème :
« Etre arbre en  art contemporain »

L’atelier débat  sera  suivi de la signature de son livre « Du Cri Retenu de la Terre » avec saynète à deux voix de Philippe Yvelin.

Venez nombreux ! Nous vous attendons !